Atlantide, l'empire perdu est le 71e long-métrage d'animation et le 41e « Classique d'animation » des studios Disney, réalisé par Gary Trousdale et Kirk Wise, produit par Don Hahn et sorti en 2001. L'histoire, se déroulant au début du XXe siècle, relate les aventures d'un jeune linguiste, qui se procure un manuscrit avec lequel, il se retrouve à la tête d'une expédition pour aller trouver le continent perdu de l'Atlantide.
La production du film est lancée une fois le dernier film de Trousdale et Wise, Le Bossu de Notre-Dame finalisé. Atlantide se démarque des précédents Grands Classiques de Disney pour son registre situé dans la science-fiction, surtout avec la participation de certains acteurs affiliés aux films de science-fiction tels que Michael J. Fox, James Garner et Leonard Nimoy. C'est aussi un des rares longs métrages de Walt Disney Animation Studios, à ne pas introduire de comédie musicale. Atlantide, s'inspire librement des œuvres de fiction de Jules Verne, avec Voyage au centre de la Terre et Vingt mille lieues sous les mers. Le style graphique visuel du film adopté, qui a rendu le long métrage distinctif de ses prédécesseurs, est basé sur les travaux de l'illustrateur Mike Mignola. Le film a fait un meilleur usage de l'image de synthèse qu'aucun précédent Grand Classique animé n'a jamais employé : il demeure ainsi un des rares projets à avoir été développé au format anamorphique. Atlantide est sorti à une époque où l'intérêt du public pour les films d'animation s'est détourné des animations dessinées à la main au profit de films entièrement en image de synthèse. Le film introduit une langue inédite, l'atlante, créée par le linguiste Marc Okrand. Le Grand Classique accueille pour la deuxième fois James Newton Howard, après Dinosaure, pour composer la bande originale.
Atlantide est sorti en avant-première à l'El Capitan Theatre à Hollywood, en Californie, le 3 juin 2001, avant de sortir moins de deux semaines plus tard le 15 juin. Le budget du film fut estimé entre 90 et 120 millions USD, et remporta un modeste succès financier de 186 millions USD environ. Au niveau des critiques, le film est divisé entre ceux qui lui reprochent d'être un long métrage sans chansons, pour un public sans cible précise, et ceux qui ont fait l'éloge d'être un Grand Classique inédit qui se démarque des typiques productions précédentes. Atlantide connaît une suite en 2003, Les Énigmes de l'Atlantide, sortie directement en vidéo, qui devait être au départ une série d'animation qui n'a jamais vu le jour. Le film est considéré aujourd'hui, pour les quelques admirateurs, comme un film culte, en partie grâce à l'influence artistique unique de Mignola.
Résumé détaillé[]
Washington, 1914[]
Milo James Thatch, est un jeune linguiste et cartographe qui se passionne pour le monde perdu de l'Atlantide, comme l'était son grand-père Thaddeus Thatch. Voulant, absolument, prouver l'existence de la cité antique (qui a été englouti il y a des milliers d'années), il cherche à monter une expédition pour aller trouver en premier le manuscrit du berger, un livre dans lequel toutes les informations pour se rendre jusqu'à l'Atlantide sont inscrits. Mais au grand dam de Milo, qui est actuellement responsable d'entretenir la chaufferie au Smithsonian Institution de Washington D.C. il ne parvient pas à retenir l'attention de son employeur, Fenton Q. Harcourt et les membres du conseil d'administration, qui considèrent les théories de Milo et Milo lui-même comme insensés.
Désespéré par sa situation, Milo fait plus tard la connaissance d'Helga Sinclair, une femme envoyée par une ancienne connaissance du grand-père de Milo. Le jeune homme rencontre, au sein d'un grand manoir, un milliardaire excentrique, Preston B. Whitmore, qui avait fait le serment, à Thaddeus, de financer l'expédition. C'est ce qui se produisit, quand Thaddeus avec son équipe trouva le manuscrit du Berger situé en Islande, qu'il remet avant sa mort à Whitmore, avant de le remettre en main propre à Milo. Après avoir interrogé le garçon sur ses motivations, M. Whitmore est convaincu de la volonté ardente de Milo de trouver l'Atlantide, et l'engage donc comme linguiste de l'expédition.
Le début de l'expédition[]
Milo embarque à bord du Ulysses, l'immense sous-marin et moyen de transport conçu pour aller chercher dans les profondeurs l'accès qui mènera jusqu'à la cité de l'Atlantide, située au plus profond des entrailles de la Terre. À bord, il fait la connaissance des membres de l'équipage, d'autres recrues dénichées par Whitmore, et des experts de leurs propres expertises : Gaëtan Molière dit « la Taupe », un excavateur français comique qui adore tout ce qui concerne la géologie et l'étude de la terre, Vincenzo Santorini, dit « Enzo », un démolisseur professionnel d'origine italienne et qui adore quand ça explose, Audrey Ramirez, une jeune fille latino américaine et une talentueuse mécanicienne, Amadou Gentil, un afro-américain et médecin de bord, Madame Placard, une vieille dame cynique chargée des communications, Cookie, vieux pionnier cuistot, et Lyle Tiberius Rourke, le commandant responsable de l'expédition.
Alors que l'expédition venait de commencer, le sous-marin sillonnait tranquillement une zone d'épaves de navires quand il se fait attaquer soudainement par un immense monstre marin : le Léviathan. Les membres d'équipage luttent comme ils peuvent contre la gigantesque bête, mais malheureusement, le sous-marin est menacé d'être détruit et oblige tout le monde à évacuer le navire. En suivant les indications de Milo et du manuscrit, les survivants de l'attaque du Léviathan se réfugient en direction d'une brèche, par laquelle, le groupe débouche sur une immense galerie donnant sur des vestiges d'une ancienne civilisation oubliée. Le groupe se recueille pour honorer la mémoire des soldats morts pendant l'assaut avant de repartir.
Dans le siphon de l'évier[]
Le convoi démarre, tandis que Milo, se retrouve à la tête de l'expédition. Responsable du bon déroulement du voyage, il provoque en chemin quelques gaffes pouvant mettre en péril la mission. Il est aussi peu apprécié des autres membres de l'équipe qui ne l'aime pas trop pour son caractère intello et maladroit, et certains s'amusent à lui faire quelques facéties. Heureusement, Milo obtient le respect de ses compagnons depuis qu'il a réparé la foreuse de la Taupe, qu'Audrey pensait réparer en premier. Il se lie d'amitié avec eux et en apprend un peu plus sur leurs ambitions, leurs enjeux durant cette quête et ce qu'ils espèrent après cette aventure. Pendant la nuit, alors que tout le monde dormait, Milo se rendit au toilette, qu'il dérange accidentellement un nid de lucioles à côté du campement. Celles-ci brûlent tout ce qu'elles touchent et provoque par la suite un incendie dans le baraquement. Le groupe repart à grande vitesse en empruntant un pont voisin, mais celui-ci se détruit, ne pouvant supporter le poids des véhicules qui le traverse. Le convoi s'écrase dans la cheminée d'un volcan qui est endormi, mais susceptible de se réveiller à la moindre explosion.
Milo se retrouve séparé du groupe et se fait approcher par d'étranges autochtones qui filaient depuis tout à l'heure les visiteurs. Blessé au niveau du torse, il est guéri par les effets magiques d'un cristal, portée par un des indigènes, avant que ceux-ci ne s'en aillent. Milo les suit jusqu'à ce que sa course s'arrête devant un point de vue donnant sur un panorama extraordinaire avec, en arrière-plan, la cité de l'Atlantide, que les voyageurs ont enfin atteint. Milo est rejoint par ses coéquipiers, puis par les indigènes de tout à l'heure. Il entame le dialogue avec celle qui l'a sauvé, la princesse Kida Nedakh, d'abord dans leur langue native, celle de l'Atlante, avant de parler dans leur dialecte plus simple. Après avoir sympathisé, les explorateurs sont emmenés jusqu'au palais pour rencontrer le père de la princesse et roi de l'Atlantide, Kashekim Nedakh.
Exploration de la cité Atlante[]
Les explorateurs abordent le souverain qui n'est pas enthousiaste de voir des étrangers s'infiltrer dans son royaume. Néanmoins, Kashekim accorde aux visiteurs vingt-quatre heures pour se reposer et reprendre des forces avant de repartir le lendemain. Rourke suspecte que le roi cache quelque chose et propose d'envoyer Milo pour aller interroger la princesse héritière. Ainsi, Milo se fait aborder par Kida, qui est fascinée par les étrangers en qui elle croit pouvoir leur demander de l'aider à sauver son peuple qui est en voie d'extinction. Milo en apprend plus sur Kida et ce qui est arrivée à la citée de l'Atlantide (comme en témoigne le début du film, l'évènement tragique d'après la théorie du philosophe Platon de laquelle, l'Atlantide sombra dans la mer avant de disparaître après son engloutissement total). Grâce aux connaissances de Milo, Kida retrouve des facultés que les atlantes ont perdues depuis l'épisode du déluge comme la lecture et faire fonctionner des Ketaks (moyen de transport Atlante ressemblant à des poissons mécaniques volants).
Au fil de la journée, Milo explore la ville et en apprend davantage sur les cultures et traditions du peuple atlante avant de s'atteler au sujet qui préoccupe Kida. Le duo va aller nager dans un coin de la cité pour aller approfondir à travers la zone engloutie et comprendre ce qui s'est réellement passé pendant l'engloutissement. En analysant les fresques en mosaïque, Milo découvrit comment l'Atlantide se maintenait en vie : un cristal immense appelé le cœur de l'Atlantide, tels qu'on voit dans les pendentifs en cristal que porte chaque citoyen, qui est une source d'énergie dont la ville entière dépendait pour tout faire fonctionner. L'emplacement du cristal n'est pas indiqué dans le manuel du fait qu'elle est sur une page manquante qu'on a arraché délibérément.
La mutinerie[]
Milo et Kida venaient de remonter à la surface, qu'ils sont accueillis froidement par Rourke et ses hommes, dont les copains de Milo. Le commandant dévoile le véritable enjeu de leur quête : dérober le cristal afin de le vendre sur un marché clandestin et se faire des millions d'argents avec. Milo considère le projet des mercenaires comme monstrueux, estimant sans détours que priver des atlantes le cristal qui est leur seule source d'énergie, ce sont les condamner à mort. Malheureusement, les arguments de Milo n'arrêtent pas Rourke et les mercenaires à aller au bout de leur objectif. Contraint de guider les mutins, Milo participe malgré lui au pillage du palais royal. Dans la foulée, Kashekim est interrogé avant d'être grièvement blessée par un coup que Rourke administre au roi. Avant qu'il ne puisse l'achever, il aperçoit, depuis le trône, l'accès qui conduit à la chambre du cristal.
Par la suite, Rourke, Kida, Milo et Helga, pénètre dans une salle située sous la salle du trône. En levant les yeux vers le haut, ils peuvent contempler le cœur de l'Atlantide, à cinquante mètres de hauteur, protégé par des visages en pierres représentant les anciens rois des siècles passés. Alors qu'on se pose la question sur comment faire descendre le cristal de là, la lumière s'oriente vers Kida et le cristal de la jeune femme s'anime. Kida est prise dans une transe étrange et se dirige d'un pas lent vers le cristal, avec lequel, elle absorbe toute son énergie pour devenir plus qu'une statue de cristal vivant. Les mercenaires embarquent le cristal sur leurs véhicules, tandis que Milo est condamné à rester sur place avec les atlantes. Le linguiste condamne ses compagnons pour leur égoïsme et leur agissement qui causeront la perte d'un peuple qu'ils auront sur la conscience après. Rourke intervient pour remettre à sa place Milo en lui collant un coup de poing dévastateur. Les compagnons de Milo regardent silencieusement le linguiste en mauvaise posture, et prennent conscience de leur erreur : Audrey, Enzo, Gaëtan, Cookie, Placard et Gentil (qui était resté auprès du roi pour l'examiner de sa blessure), se rangent du côté de Milo et abandonne leur projet de vendre le cristal avec Rourke. En représailles, le commandant condamne la bande à leur sort après avoir fait sauter à la dynamite le pont reliant l'Atlantide au volcan.
Milo rejoint Gentil dans la salle du trône pour avoir du nouveau sur la santé du roi. Les nouvelles ne sont pas rayonnantes, le diagnostic révèle que le roi subit une hémorragie interne et qu'il est à l'agonie. Kashekim relate avant de mourir les raisons qui l'ont poussé à cacher le cristal depuis le jour de cette nuit où l'Atlantide fut engloutie. Il raconte que l'utilisation abusive du cristal a des fins militaires a engendré le développement d'une conscience que le cristal a adoptée, suffisamment forte pour s'affranchir de ses utilisateurs et devenir hors de contrôle. Le destin fatidique qui attend Kida, sera telle que ce que la reine et épouse de Kashekim a connu il y a des années. Le roi supplie Milo et ses amis de ramener le cristal et de sauver son peuple et Kida, avant de s'éteindre.
Le combat dans le volcan[]
Milo enrôle ses amis et les atlantes pour aller empêcher Rourke de s'envoler avec Kida. À la tête d'un bataillon constitué de guerrière chevauchant leurs Ketaks, Milo conduit ses hommes jusqu'au cœur du volcan, duquel, Rourke et Helga s'envolent par dirigeable, en espérant atteindre le sommet. Les atlantes combattent les mercenaires tandis que Milo et ses amis attaquent le commandant et son lieutenant. Le linguiste écrase son véhicule sur la montgolfière et limite les capacités de l'embarcation à s'envoler plus rapidement. À bord, Rourke et Helga jettent tout le lest disponible, avant que Rourke ne décide de jeter par-dessus-bord son lieutenant afin de toucher à lui tout seul la récompense. Milo arrive à l'instant et engage un combat avec Rourke, mais se retrouve très vite en difficulté face à la force physique massive du commandant. Helga, qui s'est écrasée au sol, utilise ses dernières forces pour détruire le dirigeable avec son fusil lanceur de fusée éclairante pour se venger. La fusée détruit la montgolfière et intensifie le combat entre Rourke et Milo. Dans cette lutte, Rourke attaque frénétiquement Thatch avec une hache. Milo contre-attaque en tailladant avec un morceau de cristal du coffre, le bras de Rourke, qui aussitôt fait muter le commandant en un monstre de cristal dénué de paroles. Le commandant est exposé aux hélices du dirigeable et au contact de celles-ci, vole en éclat.
Milo venait de regagner la terre ferme avec le coffre, que l'agitation provoquée dans le volcan, amène celui-ci à se réveiller. Exposés à une éruption volcanique meurtrière, Milo et ses amis ramènent le coffre en l'attachant avec des chaînes sur un Ketak. Mais la chaîne se brise et Milo, n'a d'autre choix que d'intervenir en attachant solidement la chaîne autour du coffre et de se cramponner dessus. L'équipe retourne à la cité et s'empresse de libérer Kida de sa prison. Une fois chose faite, Kida, en tant que cœur de l'Atlantide, invoque les visages de pierre de la chambre et celles-ci se mettent à graviter très vite rapidement autour du cristal. Le pouvoir du cristal ranime les grandes statues de pierre qui forment un bouclier immense, protégeant de cette manière la cité de la lave qui s'abat sur toute la surface du dôme. Le cristal transforme toute la lave en roche, et se brise avant de retomber dans le vide. Kida retrouve son état normal, et Milo vient lui prêter assistance.
La renaissance de la cité[]
Kida remercie les amis de Milo d'avoir sauvé l'Atlantide. Elle leur offre en récompenses des trésors de la cité, permettant de garantir leurs vœux, ceux de concrétiser leurs projets individuels. Milo quant à lui reste à la cité pour aider le peuple à se reconstruire et leur apporter de ses connaissances. Il a par ailleurs obtenu le titre honorifique de roi consort de la cité, après avoir épousé Kida la nouvelle reine, surtout qu'ils ont entamé une relation amoureuse. Les explorateurs retournent à la surface et informent M. Whitmore de ce qui s'est réellement passé. Pour veiller à ce que nul n'apprenne des projets noirs de Rourke, M. Whitmore demande aux explorateurs de masquer la vérité en déclarant seulement que le commandant et la lieutenante ont disparu. M. Whitmore reçoit de la part de Milo, un cristal comme preuve de la découverte de l'Atlantide. À la cité, le couple royal érige un visage à l'effigie du père de Kida, et la statut faciale de Kashekim rejoint les autres visages tournoyant en orbite autour du cristal. Kida et Milo règnent ensemble sur l'Atlantide, celle-ci ayant retrouvé de sa gloire passée et ce pendant fort longtemps.
Iconographie[]
Personnages[]
Lieux[]
Distinctions[]
- Prix Golden Reel 2002 pour le Meilleur montage sonore dans un long métrage d'animation.
Distribution[]
| Voix | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| Rôles | Voix originales | Voix françaises | Voix québécoises | ||
| Milo James Thatch | Michael J. Fox | Luq Hamet | Patrice Dubois | ||
| Kidagakash « Kida » Nedakh | Cree Summer (adulte) | Laura Blanc | Christine Bellierh | ||
| Natalie Strom (enfant) | |||||
| Lyle Tiberius Rourke | James Garner | Jean Barney | Vincent Davy | ||
| Vincenzo « Enzo » Santorini | Don Novello | Jean Reno | Luis de Cespedes | ||
| Amadou Gentil | Phil Morris | Mouss Diouf | Maka Kotto | ||
| Helga Katrina Sinclair | Claudia Christian | Juliette Degenne | Manon Arsenault | ||
| Audrey Rocio Ramirez | Jacqueline Obradors | Ethel Houbiers | Camille Cyr-Desmarais | ||
| Madame Placard | Florence Stanley | Laurence Badie | Johanne Garneau | ||
| Fenton Quentin Harcourt | David Ogden Stiers | Michel Ruhl | André Montmorency | ||
| Preston B. Whitmore | John Mahoney | Marc Cassot | Benoît Marleau | ||
| la mère de Kida | / | / | |||
| Jebidiah Allardyce « Cookie » Farnsworth | Jim Varney | Gérard Hernandez | Louis-Georges Girard | ||
| Gaëtan « La Taupe » Molière | Corey Burton | Patrick Timsit | Sébastien Dhavernas | ||
| Porteur atlante | Wallace Shawn | / | |||
| Kashekim Nedakh | Leonard Nimoy | Robert Party | Yves Massicotte | ||
| voix additionnelles | Tim Curry, Jennifer Seguin, Patrick Pinney, Jim Cummings, Carole Jeghers et Frank Welker | François Huin, Pierre Baton | / | ||
Sorties cinéma[]
| Sorties cinéma | ||
|---|---|---|
| Pays | Premières nationales | Ressorties principales |
| Émirats arabes unis | 2 juin 2001 | |
| Koweït | 3 juin 2001 | |
| États-Unis | 3 juin 2001 (Avant-première)
8 juin 2001 (Los Angeles, Californie et New York City, New York) 15 juin 2001 (national) 16 septembre 2016 (version 3D) |
|
| Bénin | 8 juin 2001 | 28 juin 2019 (version 3D) |
| Singapour | 14 juin 2001 | |
| Canada | 15 juin 2001 | |
| Azerbaïdjan | 21 juin 2001 | |
| Liban | 21 juin 2001 | |
| Malaisie | 21 juin 2001 | |
| Serbie | 21 juin 2001 | |
| Russie | 21 juin 2001 (Avant-première Moscou) | 19 juillet 2005 |
| Slovaquie | 21 juin 2001 | |
| Colombie | 22 juin 2001 | |
| Guatemala | 22 juin 2001 | |
| Bahreïn | 26 juin 2001 | |
| Venezuela | 27 juin 2001 | |
| Brésil | 29 juin 2001 | |
| Philippines | 4 juillet 2001 | |
| Chili | 5 juillet 2001 | |
| Israël | 5 juillet 2001 | |
| Cameroun | 6 juillet 2001 | |
| Mexique | 6 juillet 2001 | |
| Pérou | 6 juillet 2001 | |
| Argentine | 10 juillet 2001 (Avant-première)
12 juillet 2001 |
|
| Hong Kong | 12 juillet 2001 | |
| Corée du Sud | 14 juillet 2001 | |
| Panama | 20 juillet 2001 | |
| Taïwan | 21 juillet 2001 | |
| Pays-Bas | 13 septembre 2001 (Film by the Sea Festival) | |
| Nouvelle-Zélande | 13 septembre 2001 | |
| Australie | 20 septembre 2001 | |
| Thaïlande | 5 octobre 2001 | |
| Royaume-Uni | 19 octobre 2001 | |
| Irlande | 19 octobre 2001 | |
| Norvège | 21 octobre 2001 (Festival international du film, Bergen) | |
| Japon | 4 novembre 2001 (Festival international du film, Tokyo) | |
| République tchèque | 8 novembre 2001 | |
| Danemark | 9 novembre 2001 (version originale et version danoise) | |
| Norvège | 9 novembre 2001 | |
| Suède | 9 novembre 2001 | |
| Grèce | 11 novembre 2001 (Festival international du film, Thessalonique) | |
| Pays-Bas | 15 novembre 2001 | |
| Slovénie | 15 novembre 2001 | |
| Espagne | 23 novembre 2001 | |
| Pologne | 23 novembre 2001 | |
| Belgique | 28 novembre 2001 | |
| France | 28 novembre 2001 | |
| Hongrie | 29 novembre 2001 | |
| Roumanie | 30 novembre 2001 | |
| Suisse | 6 décembre 2001 (version allemande) | |
| Allemagne | 6 décembre 2001 | |
| Italie | 6 décembre 2001 | |
| Bulgarie | 7 décembre 2001 | |
| Grèce | 7 décembre 2001 | |
| Portugal | 7 décembre 2001 | |
| Japon | 8 décembre 2001 | |
| Islande | 10 décembre 2001 | |
| Estonie | 14 décembre 2001 | |
| Finlande | 14 décembre 2001 | |
| Kazakhstan | 21 décembre 2001 | |
| Russie | 21 décembre 2001 | |
| Ukraine | 21 décembre 2001 | |
| Égypte | 23 janvier 2002 | |
| États-Unis | 29 janvier 2002 (DVD) | |
| Turquie | 8 février 2002 | |
| Chine | juin 2002 (Festival international du film, Shanghai) | |
| Équateur | 14 avril 2021 (DVD) | |
Sorties vidéo[]
- États-Unis : 29 janvier 2002 (VHS et DVD) / 11 juin 2013 (Blu-ray)
- France : 15 mai 2002 (VHS et DVD) / 5 mars 2014 (Blu-ray)
En coulisses[]
Origine et production[]
Développement[]
L’idée d’Atlantide, l’empire perdu est née en octobre 1996, lors d’un déjeuner dans un restaurant mexicain à Burbank, en Californie, entre Don Hahn, Gary Trousdale, Kirk Wise et Tab Murphy, les créateurs du Bossu de Notre-Dame. Après avoir terminé leur film précédent, l’équipe — composée du producteur, des réalisateurs et du scénariste — souhaitaient retravailler ensemble sur un nouveau projet. Cette fois, ils voulaient s’éloigner de l’univers féérique habituel pour proposer un film d’aventure, dans l’esprit de la section « Adventureland » des parcs Disney. Les artistes sont allés puiser dans les œuvres littéraires du romancier Jules Verne, notamment Voyage au centre de la Terre (1864) et Vingt mille lieues sous les mers (1870), avec l’envie d'explorer Atlantide en profondeur, contrairement au simple passage évoqué dans les récits de Verne. Pour documenter leur scénario, ils se sont appuyés en grande partie sur Internet, en étudiant les légendes autour d’Atlantide. Ils ont découvert les écrits du médium Edgar Cayce, qui les a particulièrement marqués. Ils ont donc intégré à l’histoire certains de ses concepts, comme celui d’un cristal mère aux pouvoirs de guérison, d’énergie et de longévité, utilisé par les Atlantes. L’équipe a également visité des musées et d’anciennes bases militaires pour mieux comprendre les technologies du début du XXe siècle — époque à laquelle se déroule l’intrigue. Enfin, ils sont descendus dans les grottes de Carlsbad, au Nouveau-Mexique, pour s’inspirer des galeries souterraines qui serviraient de modèle visuel à la traversée vers l'Atlantide dans le film.
Les réalisateurs voulaient à tout prix éviter l’image classique d’Atlantide, souvent réduite à des « colonnes grecques effondrées sous l’eau », selon les propres termes de Kirk Wise. Dès le départ, ils avaient une ambition claire : imaginer entièrement cette civilisation, jusque dans les moindres détails.
| « | On voulait créer un vrai univers : son architecture, ses vêtements, ses traditions, sa langue, sa façon de vivre et même de dormir. | » |
— Kirk Wise
Pour ce faire, ils ont fait appel à des spécialistes pour les aider à enrichir ces aspects. Le directeur artistique, David Goetz, précise qu’ils se sont inspirés de l’architecture maya et d’autres styles anciens et atypiques venus des quatre coins du monde. Les réalisateurs, en particulier, avaient un faible pour l’architecture d’Asie du Sud-Est. Par la suite, ils ont aussi puisé dans des influences cambodgiennes, indiennes et tibétaines.
| « | On a pris des éléments d’architectures variées à travers le monde, qu’on a déconstruits et réassemblés dans un langage architectural unique. C’est ça, notre Atlantide. | » |
— Don Hahn
La forme circulaire de la cité et son design général s’inspirent aussi des écrits de Platon. L’une de ses phrases (qui ouvre le long métrage) — « En l'espace d'un seul jour et d'une seule nuit funestes, l’île d’Atlantide s'enfonça sous la mer et disparût » — a fortement influencé l’équipe dès les débuts du projet. Et pour marquer la différence avec les précédents films Disney, souvent musicaux, l’équipe portait même des t-shirts avec le slogan humoristique : « ATLANTIDE – Moins de chansons, plus d’explosions ».
Langue[]
Marc Okrand, connu pour avoir créé la langue klingon pour le feuilleton Star Trek, a été engagé pour inventer la langue atlante dans Atlantide, l’empire perdu. Les réalisateurs voulaient qu’elle soit perçue comme une langue mère, c’est-à-dire une langue ancestrale à l’origine des autres. Pour cela, Okrand s’est basé sur des racines indo-européennes, mais en imaginant une grammaire propre. Dès qu’un mot ressemblait trop à une langue réelle, il le modifiait pour conserver un caractère fictif et unique. La partie écrite a été confiée à John Emerson, qui a dessiné des centaines de lettres imaginaires, toutes différentes. Les réalisateurs ont ensuite sélectionné celles qui semblaient les plus cohérentes pour créer l’alphabet atlante. L’écriture elle-même suit un système boustrophédon : on lit la première ligne de gauche à droite, puis la suivante de droite à gauche, et ainsi de suite. Ce va-et-vient imite le mouvement de l’eau, renforçant le lien avec la culture atlante :
| « | Le symbole de l’Atlante est aussi une création de John Emerson. Il s’agit en fait d’une carte miniature de la cité : la spirale représente la grotte, la forme centrale correspond à la silhouette d’Atlantide, et le point au milieu indique l’emplacement du cristal sacré. C'est une carte au trésor. | » |
— Kirk Wise
Scénario[]
Au départ, c’est Joss Whedon qui avait été sollicité pour travailler sur le scénario du film, mais il a rapidement quitté le projet pour se consacrer à d’autres productions chez Disney. D’après lui, son apport au film était quasi inexistant : « Je n’ai pas laissé la moindre trace dans le résultat final. » C’est finalement Tab Murphy qui a écrit le scénario. Il explique qu’il a fallu environ trois à quatre mois entre les premières discussions autour de l’histoire et la version du script qui a satisfait toute l’équipe. La première version faisait 155 pages, bien plus que la moyenne d’un scénario Disney, qui tourne généralement autour de 90 pages. Lorsque les deux premiers actes ont été chronométrés à près de deux heures, les réalisateurs ont décidé de faire du tri : ils ont coupé certains personnages et plusieurs scènes pour se recentrer davantage sur Milo, le héros. Murphy raconte qu’il a inventé le Manuscrit du Berger, un manuscrit ancien, parce qu’il avait besoin d’un fil conducteur pour guider les personnages tout au long de leur quête. Dans une version révisée, plusieurs épreuves que les explorateurs devaient affronter en traversant les grottes ont été retirées. Ce choix a permis d’accélérer le rythme du récit et de révéler la cité d’Atlantide plus tôt dans le film :
| « | Pour définir la civilisation atlante, les réalisateurs utilisaient souvent l’exemple de l’Égypte. Comme le raconte le producteur Don Hahn, ils imaginaient un peuple qui, à l’image des Égyptiens à l’époque de Napoléon, vivait entouré des vestiges d’un passé glorieux sans vraiment en comprendre la portée. | » |
— Dohn Hahn
À l’origine, Milo Thatch devait être un descendant du pirate Barbe Noire (Edward Teach). Mais les réalisateurs ont changé d’avis : ils ont préféré en faire un héritier d’explorateur pour renforcer son lien avec la découverte et l’aventure. Le personnage de Molière, quant à lui, devait au départ être un professeur classique. Mais Chris Ure, un artiste du storyboard, l’a transformé en une petite créature farfelue, toujours en train de creuser, avec un manteau étrange et des lunettes à ressorts. Une idée que Kirk Wise a trouvée bien plus amusante. L’absence de chansons — un choix assumé — a représenté un vrai défi pour une équipe habituée aux films musicaux. D’après Don Hahn, cela signifiait que les scènes d’action allaient devoir porter l’ensemble du film. Mais pour Kirk Wise, cette contrainte s’est révélée être une opportunité : elle leur a permis de consacrer plus de temps à développer les personnages, comme lors de cette scène dans laquelle les membres de l’expédition campent ensemble et échangent sur leur passé. Une séquence entière est même dédiée à un simple dîner et à l’heure du coucher, chose rarement possible dans les films d’animation Disney habituels.
La première séquence animée finalisée pendant la production était à l’origine un prologue viking. On y voyait un groupe de guerriers utiliser le Manuscrit du Berger pour retrouver l'Atlantide, avant d’être éliminés par le Léviathan. Mais vers la fin de la production, John Sanford, superviseur du scénario, a confié aux réalisateurs que ce prologue manquait d’un lien émotionnel avec le peuple atlante. Bien que la scène ait déjà été terminée, ce qui signifiait un gros coût en temps et en budget pour la modifier, les réalisateurs ont été convaincus par ses arguments. Trousdale est rentré chez lui ce soir-là, et après un passage... insolite dans un club de strip-tease, il a griffonné la nouvelle séquence sur une serviette en papier. C’est ainsi qu’est née l’ouverture actuelle du film qui montre la destruction d’Atlantide et introduit l’univers à travers les yeux de la princesse Kida et de son peuple. L’ancien prologue viking est toujours visible en bonus sur l’édition DVD du film.
Recherche graphique et animation[]
À son apogée, la production d’Atlantide, l’empire perdu mobilisait environ 350 personnes — animateurs, artistes et techniciens — répartis entre trois studios d’animation Disney : celui de Burbank en Californie, Orlando en Floride, et Paris en France. C’est l’un des rares films d’animation Disney à avoir été réalisé au format anamorphique 35 mm, un format large que les réalisateurs ont choisi pour évoquer les grands films d’aventure classiques, comme Les Aventuriers de l’Arche perdue, tourné en CinemaScope (2.35:1). Au départ, les dirigeants de Disney étaient sceptiques, car cela impliquait de réadapter le matériel pour le format large. Mais l’équipe a trouvé une astuce : continuer à dessiner sur les feuilles standards, mais en utilisant un cadre plus étroit à l’intérieur, adapté au nouveau ratio. Pour guider les artistes, Ed Ghertner, le superviseur des décors, a même rédigé un manuel pratique sur ce format. Il soulignait notamment qu’avec une image plus large, les personnages pouvaient rester plus longtemps à l’écran, sans sortir du cadre. Le réalisateur Kirk Wise s’est aussi inspiré du travail de David Lean et Akira Kurosawa pour renforcer cette dimension cinématographique.
Visuellement, le style du film s’inspire beaucoup du travail de Mike Mignola, le créateur des comics Hellboy. Mignola faisait partie d’une équipe de quatre designers (avec Matt Codd, Jim Martin et Ricardo Delgado) recrutés pour poser les bases artistiques du film. Il a fourni des guides de style, des croquis de personnages, de décors, et même des idées d’histoire. D’après Wise, le trait anguleux et graphique de Mignola a grandement influencé le design final des personnages. Mignola, lui, a été surpris qu’on fasse appel à lui. Il raconte une anecdote amusante :
| « | Je regardais une version préliminaire du film et je me suis dit : “Wow, ces mains carrées sont vraiment cool.” Et le gars à côté de moi m’a dit : “Ben... ce sont tes mains. On a eu toute une réunion sur comment dessiner tes mains.” C’était tellement étrange, je n'arrivais pas à y croire. | » |
— Mike Mignola
L’une des scènes les plus complexes techniquement du film est celle qui précède le générique de fin : un zoom arrière massif partant d’un gros plan sur Milo et Kida jusqu’à une vue panoramique de la cité restaurée. Les réalisateurs la considèrent comme la scène la plus difficile jamais réalisée chez Disney à l’époque. Ils avaient déjà tenté une scène similaire sur Le Bossu de Notre-Dame, mais le résultat manquait de profondeur. Grâce aux avancées techniques en multiplan, ils ont voulu retenter l’expérience ici. Tout commence sur une feuille de 40 cm de long montrant le couple, et le mouvement de caméra se termine sur une fresque équivalente à plus de 115 mètres de long, assemblée à partir de dizaines de feuilles individuelles. Le tout est animé avec des véhicules en vol, afin de donner une image fluide et cohérente.
En matière de technologie, Atlantide a marqué un tournant pour Disney : c’était le film le plus riche en animation 3D parmi les œuvres traditionnelles du studio à l’époque. Pour gagner du temps, les animateurs numériques ont collaboré en permanence avec les dessinateurs traditionnels. Plusieurs séquences importantes — comme le Léviathan, le sous-marin Ulysses, les modules, le Cœur d’Atlantide ou les géants de pierre — ont nécessité une forte dose d’images de synthèse. Les designs initiaux du sous-marin ont été créés par Matt Codd et Jim Martin, puis Greg Aronowitz a construit une maquette physique qui a servi de référence pour modéliser le Ulysses en 3D. En tout, le film compte 362 plans à effets numériques, et des logiciels ont été utilisés pour fusionner harmonieusement les dessins 2D et les éléments 3D. Une scène emblématique qui en profite est celle du lâcher du sous-marin : on voit le Ulysses tomber depuis sa plateforme, filmé par une caméra qui le suit sous l’eau. À l’intérieur, on aperçoit Milo — animé en 2D — qui regarde dans la direction de la caméra. L’un des défis majeurs de l’équipe était de faire en sorte que le spectateur ne remarque pas la transition entre 2D et 3D. L’animation numérique a aussi permis aux réalisateurs d’utiliser une caméra virtuelle, capable de se déplacer en profondeur (axe Z). Grâce à elle, ils ont pu créer des mouvements de caméra complexes, comme ceux de la scène d’ouverture à travers Atlantis, ou encore la poursuite du sous-marin dans la caverne, traqué par le Léviathan. Le décor, une fois modélisé en fil de fer, était ensuite dessiné à la main pour conserver l’esthétique du dessin animé.
Personnages[]
Milo Thatch[]
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Jeune linguiste et cartographe de trente-deux ans, Milo Thatch n'a qu'un but dans la vie : prouver que l'Atlantide existe et lui rendre son faste d'antan. Orphelin depuis l'enfance, il a été élevé par son grand-père, Thaddeus Thatch. Diplômé de l'enseignement secondaire dès l'âge de onze ans, il a été sollicité pour suivre les cours des universités de Princeton, Harvard et Yale, offres qu'il a refusées en bloc pour rejoindre Oxford. S'il rêve de devenir un athlète, Milo montre plus de dispositions dans la connaissance des langues et des antiquités. Ce savoir s'avèrera essentiel le jour où, suite à une expédition qui tourne mal, il échouera dans l'endroit de légende qu'il recherchait. Après de nombreuses aventures, il décidera d'y vivre. Il tombera amoureux de la princesse de ce royaume et l'épousera, devenant ainsi le roi de l'Atlantide.
Milo est illustré comme un explorateur passionné, fidèle à son profil intellectuel dans la version finale du film. Son animation est entièrement supervisée par John Pomeroy : ce dernier relate qu'il s'est servi de lui-même comme référence pour concevoir son linguiste (en partie à partir des idées conceptuelles de Marck Okrand). Ce fut un travail inédit, car les héros intellectuels sont rarement choisis — ce qui lui a valu de le considérer comme l’un de ses autoportraits en animation. Le look original de Milo renforce son caractère à la fois érudit et touchant. Pomeroy a cherché à refléter sa timidité, sa maladresse et sa passion, rendant Milo émouvant et attachant — un nerd chaleureux et courageux.
Le personnage reçoit la voix de l'acteur Michael J. Fox dans la version originale (tandis que son interprète français et comédien de doublage régulier Luq Hamet administre sa voix à Milo). Le choix de prendre Fox, était justifié d'après les arguments de Kirk Wise, qui était convaincu de l'aptitude de Michael à insuffler à son personnage une vraie personnalité, le rendant plus vivant et crédible à l’écran. Fox a confié que doubler un personnage était bien plus simple que jouer devant une caméra, puisqu’il n’avait pas à se soucier de son apparence pendant qu’il se concentrait sur sa voix.
Kida Nedakh[]
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Fille du roi Kashekim Nedakh et héritière de la cité de l'Atlantide, Kida est une princesse guerrière prête à tout pour protéger sa ville. Des milliers d'années auparavant, elle aurait affronté tout intrus ayant osé s'introduire sur le sol atlante, mais, au fil des années, elle s'est assagie. Désormais, elle s'intéresse à l'histoire de son royaume et elle est devenue plus amicale envers les visiteurs, surtout s'ils peuvent l'aider à découvrir les secrets de l'Atlantide. Cette curiosité récente la conduit à apprécier Milo Thatch, puis à tomber amoureuse de lui. Comme tous les Atlantes, Kida a des cheveux blancs et une peau mate sur laquelle on peut voir de nombreux tatouages bleus. Elle porte aussi autour du cou un cristal qui lui octroie une vie d'une longueur exceptionnelle.
Étant une princesse élaborée par les studios Disney, Kida ne rejoint pas cependant le cercle des autres personnalités féminines et princières précédemment présentées. Contrairement aux précédentes princesses, celles de l'âge d'or de Walt Disney (Blanche-Neige, Cendrillon et Aurore) et celles du second âge d'or (Ariel, Belle, Jasmine, Pocahontas et Mulan), Kida est beaucoup plus développée pour s'afficher comme un personnage féminin fort, avec un arc narratif qui n'est ni basé sur une romance, ni sur l'épanouissement de soi. L'animateur superviseur de la princesse, Randy Haycock, souhaitait une héroïne mature et charismatique, proche de la trentaine, avec des formes et une posture athlétiques pour renforcer son aspect guerrier. L'influence même de l'interprète original de Kida, Cree Summer, a nourri le caractère visuel de Kida, y compris ses expressions et sa gestuelle, grâce à l'investissement d'Haycock.
Lyle Tiberius Rourke[]
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Rusé et doué d'un remarquable esprit d'analyse, Rourke est un chef né. Cela n'a rien de surprenant, car il ne s'embarrasse jamais de considérations philosophiques et sait manipuler les autres pour qu'ils se rangent à son point de vue. Mais sous son calme apparent, Rourke est prêt à tout pour faire fortune. Son but est d'approprier le cristal de l'Atlantide qui pourra le rendre riche. Renvoyé de pension après s'être battu, il s'est engagé dans l'armée à quinze ans. Ce commandant impitoyable n'hésite jamais à menacer ou à frapper ceux qui se dressent sur son chemin, ce qui lui permet le plus souvent d'obtenir ce qu'il veut. Mais cette méthode ne portera pas ses fruits face à Milo qui parviendra à le vaincre.
Selon les réalisateurs Gary Trousdale et Kirk Wise, Rourke ne devait pas être conceptualisé, à partir du traditionnel méchant lambda archétype. Ils ont donc opté pour un personnage nuancé, motivé par la cupidité plutôt que le mal gratuit, afin de créer un antagoniste trois dimensions et complexe. Rourke commence comme un chef fiable, charismatique, mais révèle peu à peu une ambition sans pitité : il est prêt à sacrifier les Atlantes pour voler le Cœur d’Atlantide et s’enrichir. Le superviseur de l’animation, Michael Surrey, a d’abord été ravi à l’idée d’animer un méchant classique, avant de découvrir que Rourke était bien plus subtil. Seule la scène finale dans le volcan lui a vraiment permis d’exploiter toute la facette implacable qu’il souhaitait donner au personnage. Niveau apparence, Rourke est dessiné comme un homme imposant, mature, à l’allure militaire — reflet de son statut d'officier expérimenté.
James Garner incarne la voix de Rourke à l’écran. Parmi les autres acteurs envisagés (Tommy Lee Jones, Jack Davenport, Kurt Russell), Garner a été retenu pour son expérience dans les films d’action, de guerre et western, ce qui correspondait parfaitement à l’esprit autoritaire et calculateur du personnage. Garner a apprécié sa collaboration avec les réalisateurs et s’est senti à l’aise dans ce rôle complexe.
Helga Sinclair[]
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Le lieutenant de l'expédition, conçue comme le bras droit charismatique de Rourke, capable de manipuler aussi bien que de combattre, projetant une image à la fois séduisante et dangereuse. Tab Murphy et son équipe ont voulu créer une femme fatale moderne, un personnage inspiré des films noirs avec un mélange de grâce et de dureté. L’idée : qu’elle soit à la fois assistante élégante et militaire, prête à tout. Formée aux arts martiaux et aux armes, Helga maîtrise l’aïkido, le combat au couteau et l’utilisation de petites armes à feu. Elle a même été instruit au Quantico en 1911. En tant que seconde dans l’expédition, elle exécute les ordres de Rourke avec une efficacité froide, prête à agir en situation critique — toujours aux côtés de son commandant. L'actrice Claudia Christian, connue pour son ton assuré, correspondait parfaitement à la femme redoutable et raffinée qu'est Helga.
Physiquement, Helga est grande, élancée et athlétique, avec une peau claire, de longs cheveux blonds tressés, des yeux verts et une mouche sous l’œil — un look à la fois militaire et sophistiqué. Elle porte un tenue fonctionnelle : col roulé noir, pantalon cargo, bottes à talons, et souvent un trench‑coat olive — un style qui la distingue par son allure professionnelle et redoutable. Son animateur superviseur, Yoshimichi Tamura, qui l'a dessiné depuis les locaux Disney de Paris, a intégré un style influencé par l’anime, offrant à Helga des lignes ciselées et une animation fluide. Sa conception graphique a été réalisée à Paris afin de marquer une distinction visuelle avec les autres membres de l’équipe, tout en assurant une harmonie générale malgré deux studios différents. Des sessions de référence vidéo (motion reference) avec Dawn Heusser ont été utilisées par les animateurs pour capturer ses gestes et son attitude, renforçant le réalisme du personnage.
Gaëtan Molière[]
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Un excavateur de nationalité française, fascinée par la géologie et l'étude des souterrains, doté d'une personnalité excentrique et pour son choix de vie dans la saleté, qui lui ont valu le surnom de « la Taupe ». Dès le départ, l’équipe voulait intégrer un personnage drôle et décalé dans l’expédition. Les premiers designs de « la Taupe » étaient sérieux, mais les artistes de storyboard, notamment Chris Ure, l’ont réinterprété en un fouisseur un peu rongeur, rappelant aussi le personnage « Pig‑Pen » des Peanuts. L'équipe a affiné sa personnalité basée sur ses goûts pour la crasse et les tunnels (et sa collection des terres d'origines diverses qu'il collectionne et que nul ne voudrait détruire au risque de le contrarier).
Le surnom de « la Taupe » pour Gaëtan provient de son physique inspiré des rongeurs : sa tête, ses grands yeux et sa posture évoquent une taupe, avec un casque complexe d’exploration et des lunettes à vision nocturne. L'animateur superviseur du personnage, Anthony DeRosa, a mis du temps à trouver comment le rendre « français », allant jusqu’à s’inspirer des profils du général De Gaulle, pour lui donner un air familier. Son animation est fidèle à son côté fouisseur : gestes nerveux, petites creusettes, expressions alertes. Le casque avec ses gadgets a aussi été un défi de conception pour les animateurs.
Corey Burton prête sa voix à la Taupe dans la version originale d’Atlantide. Il explique que le rôle nécessitait une voix très expressive, presque un « one-man-show », où il devait totalement s’immerger dans l’univers. La performance vocale donne à Gaëtan son accent français exagéré, son ton enjoué, et renforce son côté imprévisible.
Vincenzo Santorini[]
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Au sein de l'expédition chargée de retrouver l'Atlantide, Enzo est le spécialiste des explosifs. Il s'est pris de passion pour ces moyens de destruction rapide quand durant son enfance passée à Palerme, il a vu exploser une blanchisserie chinoise du quartier. Il s'amuse à créer de nouveaux explosifs, parfois en utilisant des ingrédients aussi inattendus que l'origan ou du piment en poudre, car il trouve qu'ils donnent une belle sonorité à la déflagration. Même s'il est généralement sérieux et inébranlable, il adore faire des farces à Milo. Ce qu'il déteste ? La magie qu'il appelle « abracadabra » (qu'il exprime dans Les Énigmes de l'Atlantide).
Enzo a été pensé dès le départ comme le spécialiste des explosifs de l’équipe, équivalent de « l'expert en démolition » — rôle essentiel dans l’expédition pour déblayer les passages difficiles. Son histoire familiale a été inventée par son interprète originel Don Novello : fils d’un couple possédant une boutique de fleurs, l’explosion d’une laverie a marqué son enfance et éveillé sa passion pour la pyrotechnie. Enzo est mince, barbu d’une moustache épaisse et porte un gilet blindé dans lequel il range ses explosifs — un look à la fois professionnel, excentrique et légèrement loufoque. L'animation du démolisseur italien est confiée à Russ Edmonds, qui aussitôt attribue à Enzo, une nature impulsive : gestes rapides, haka de dynamite, expressions énergiques. Novello a assuré par improvisation les dialogues du personnage le rendant ainsi naturellement humoristique. Le choix d’un accent italien prononcé (ou même géorgien/ russe selon les versions internationales) a renforcé son côté chaleureux, flamboyant et très expressif.
Audrey Ramirez[]
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Solide comme un roc, Audrey possède ce que son père, le mécanicien accompli Manuel Ramirez appel « le don ». Elle peut crocheter toutes les serrures et réparer n'importe quelle machine. À dix-huit mois, cette native de Détroit a réussi à démonter et remonter toutes les horloges de chez elle, et à quatre ans, elle pouvait réparer une moto sans l'aide de personne. Plus tard, à neuf ans, elle débutait sur les chaînes de montage d'Henry Ford et, à onze ans, elle avait obtenu un poste de manager. Participant à l'expédition lancée pour découvrir l'Atlantide, elle jouera un rôle essentiel au moment de sauver cette cité. Une fois revenue à la surface, elle décide d'utiliser l'or que lui ont offert les Atlantes pour ouvrir un atelier de mécanique avec son père.
Audrey est l'alter ego féminin de Milo : les réalisateurs Gary Trousdale et Kirk Wise, via le scénariste Tab Murphy, souhaitaient implanter un personnage féminin dans l’expédition, qui avait environ l'âge du linguiste, et qui donnerait de la dynamique au groupe. Ils ont imaginé une adolescente déterminée, mexico-américaine, experte en mécanique et un brin rebelle, inspirée par l’énergie de jeunes Latinas du Bronx. L’animatrice chargée de superviser l'équipe de la mécanicienne, Anne Marie Bardwell a joué un rôle central dans sa conception : Elle a façonné Audrey comme un garçon manqué à l’attitude affirmée, rapprochant le personnage de sa propre personnalité, énergique et pleine d’esprit. Les attitudes — déterminées et passionnées — reflètent son caractère de mécano latino-américaine forte.
C'est Jacqueline Obradors qui incarne pleinement l’énergie et l’attitude rebelle d'Audrey. L'actrice a aimé se projeter dans ce rôle de jeune femme, avec une approche motivée et presque « rentrée dans la peau d’un gamin » lors des enregistrements. Obradors évoque des longs enregistrements (jusqu’à deux heures) où elle restait motivée, signe d’un réel plaisir et d’un engagement fort pour le rôle.
Amadou Gentil[]
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Article détaillé : Pour plus d'informations, consultez Amadou Gentil. |
Le docteur de l'expédition, formé en médecine occidentale, combine savoir médical et connaissances botaniques et traditionnelles héritées d’un sorcier Arapaho. Né en 1872 d’un père médecin militaire et d’une mère Arapaho, il grandit entre réserves indiennes (Pine Ridge) et bases militaires, avant de se faire recruter comme médecin lors de la guerre hispano-américaine (1898). Gentil incarne la compassion, s’inquiétant des victimes et des motivations du groupe. Son humour et son usage quotidien du savon sont des traits marquants.
Gentil fait partie des tout premiers personnages afro-américains à recevoir le titre de protagoniste principal dans un Grand Classique d'Animation de Disney, une décision voulue par les réalisateurs Kirk Wise et Gary Trousdale. Son animation fut gérée également par une personnalité afro-américaine, l'un des tout premiers dans l'histoire du studio (après Floyd Norman), Ron Husband, qui est crédité sur le film. Le docteur de Husband, charpenté et musclé, oscille entre force tranquille et jovialité, avec des expressions vives, des gestes empathiques (soins, interrogations médicales), mais aussi comiques (ex. maintenir un examen tout en se présentant).
Connu pour son ton affirmé et chaleureux, Phil Morris apporte une personnalité très marquée au personnage d'Amadou Gentil. Sa voix est forte, expressive, passant du sérieux au boutade avec aisance — un point bénéfique pour l’animation. Morris décrit le toubib comme un personnage extrême : « quand il est content, il l’est vraiment, et quand il est grave, il l’est tout autant ».
Madame Placard[]
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Article détaillé : Pour plus d'informations, consultez Madame Placard. |
Au cours des années, Wilhelma Placard, a occupé plusieurs postes : danseuse, serveuse ou couturière pour ne citer que ceux-là. Toutefois, sa vraie passion est la communication et la mise au point d'appareils de radio. Elle a participé à l'invention du Galvanomètre, du téléphone vibrant et du détecteur de bornite portable. Mme Placard est plus fainéante. Elle préfère travailler quand elle en a envie et non quand on lui demande. Elle a été mariée au moins neuf fois.
Mme Placard est présentée comme une femme âgée, franche, qui ne mâche pas ses mots. Sa cigarette, son regard moqueur et son attitude blasée renforcent son profil de vétéran désabusé. L'animateur superviseur David Pruiksma, responsable du personnage, lui a administré des actions minimalistes, mais expressives — un haussement d’épaule, un soupir, un roulement d'yeux, qui s’inscrivent parfaitement dans son tempérament cynique. Pruiksma a travaillé à donner à Placard une attitude de « femme qui en a vu passer des trains », fidèle à son passé tumultueux et à son regard sur l’expédition. Florence Stanley, actrice expérimentée, a prêté sa voix à la vieille dame, incarnant merveilleusement sa tonalité cynique et blasée. Selon Stanley elle-même, Placard est profondément sûre d’elle, concentrée sur son travail, et libre de faire ce qu'elle veut dès lors qu'il y a un peu d’action.
Cookie[]
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Article détaillé : Pour plus d'informations, consultez Cookie. |
Vétéran de guerre, autrefois soldat puis cuistot durant l'époque glorieuse de George A. Custer, Cookie est qualifié par le scénariste Tab Murphy comme un vieux cow-boy avec un sens aigu de l'aventure, le ralliant à l'équipe pour apporter une touche d'humour et de sagesse burlesque. Il est notoire pour ses compétences culinaires, même en cuisinant avec peu de ressources. Dans les repas qu'il compose, Cookie ramène la nourriture aux hommes et égaye l’équipe avec ses « quatre groupes alimentaires » (fayots, patates, whisky et lard).
Shawn Keller, responsable de l'animation du cuisinier septuagénaire, le conceptualise comme un cow-boy comme dans les vieux westerns, avec une personnalité excentrique et bourrue. En dépit de son âge canonique, Cookie tient des positions robustes, guidant la tâche de cuisinier sur le terrain tout en sachant manier un fusil à pompe pour défendre l’équipe. Keller le fait évoluer par de petits gestes expressifs — coups de spatule, haussements d’épaules, exagérations dans les expressions — reflétant son côté simplement honnête, mais passionné. Il s'est également appuyé sur l'acteur Jim Varney, interprète du personnage dans la version originale, qui malheureusement disparût à l'âge de 50 ans pendant la production.
Kashekim Nedakh[]
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Article détaillé : Pour plus d'informations, consultez Kashekim Nedakh. |
Le père de Kida et ancien souverain d'Atlantide. C'est un homme d'État âgé, cassé physiquement, mais porteur d’une foi profonde dans la sauvegarde d’Atlantide, il préserve la cité en cachant le cristal pour empêcher quiconque de l’utiliser à mauvais escient. Kashekim Nedakh est plus qu’un simple monarque : c’est un personnage émotionnellement fort, taillé pour transmettre la valeur de l’héritage, de la perte et du sacrifice. C'est des arguments qu'il émet à sa fille Kida, depuis que celle-ci est allée à l'encontre des lois établies après avoir fait entrer des étrangers, qu'elle considère pour être ceux qui sauveront l'avenir du peuple atlante.
Le personnage de Kashekim a été particulièrement difficile à finaliser, oscillant entre un monarque impitoyable et un père sage et bienveillant. Les premières versions le présentaient comme un tyran, mais son caractère a été adouci pour mieux expliquer ses actions et renforcer l’impact émotionnel de la réécriture du prologue viking. Le nouveau prologue, centré sur la vision du roi sous la chute d’Atlantide, permet d’ancrer davantage sa personnalité et sa douleur, rendant ses choix ultérieurs plus cohérents.
En tant que superviseur animation et character designer du roi atlante, Michael Cedeno a dû gérer un défi important : animer un homme âgé, affaibli, qui peine à parler et dont les tatouages faciaux sont essentiels pour l’authenticité. Un tel niveau de détail a contraint l’équipe à éviter dorénavant les personnages tatoués, jugés trop compliqués en animation. Kashekim est animé avec des gestes lents, une posture courbée et un effort visible à chaque mot. Cedeno devait traduire à l’écran la difficulté d’un homme âgé à s’exprimer, physique à l’appui. Il fallait aussi maintenir la cohérence plan par plan des tatouages faciaux du roi, ce qui a demandé d'une rigueur extrême. L'équipe s'est également appuyé sur le jeu de l'acteur Leonard Nimoy (M. Spock de Star Trek), pour concevoir le personnage : Nimoy a apporté une puissance émotionnelle subtile juste par son intonation, donnant au roi une dimension à la fois noble, usée et mystérieuse.
Preston Whitmore[]
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Article détaillé : Pour plus d'informations, consultez Preston B. Whitmore. |
Le riche homme d'affaire excentrique, discret, philanthropique, magnat industriel et vieil ami du grand-père de Milo (avec qui il a fait les études à Georgetown en 1866), qui est responsable de financer l'expédition vers le continent perdu de l'Atlantide. Initialement imaginé comme un mécène un peu inquiétant, souhaitant s’emparer du cristal pour le vendre aux Allemands, la version finale du film transforme son rôle : il devient un véritable bienfaiteur, encouragé par sa longue amitié avec le grand-père de Milo, Thaddeus Thatch. Ce lien personnel entre Whitmore et les Thatch permet aux réalisateurs d’ancrer plus sincèrement son financement de l’expédition et de le rendre émotionnellement investissant. Le scénario original de 1997 incluait un complot de Whitmore, recrutant Rourke pour voler le cristal. À mesure que l’histoire évoluait, ce rôle sombre est rendu exclusivement à Rourke, permettant à Whitmore de conserver un profil positif.
M. Whitmore est le deuxième personnage d’Atlantide à être dessinée par Shawn Keller (le premier, évoqué précédemment, est le cuistot Cookie). Une refonte du personnage visuel s’imposait avec sa nouvelle personnalité plus excentrique. Keller a été choisi pour créer un style expressif et charismatique répondant au nouveau ton. L’animation de Whitmore a été pensée pour refléter son attitude chaleureuse, presque extravagante, tout en se distinguant de celle de Cookie, bien que les deux soient confiées au même animateur.
Après le décès de Lloyd Bridges — la première voix prévue — John Mahoney a été engagé. Sa voix pleine de vigueur a profondément modifié l’esprit du personnage : Whitmore devient jovial, généreux, avec des répliques flamboyantes comme sa passion pour le yoga. Mahoney a trouvé son rôle « libérateur », lui permettant d’être grandiose et extravagant, ce qui correspondait à son lieu en tant que mécène visionnaire.
Fenton Hartcourt[]
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Article détaillé : Pour plus d'informations, consultez Fenton Q. Harcourt. |
Le directeur du Smithsonian Institute et ancien employeur de Milo Thatch : un personnage hauntain qui incarne le scepticisme des institutions savantes vis-à-vis d’Atlantide. Créé pour représenter ceux qui jugent les théories de Thaddeus et Milo comme du folklore irréaliste, il doit freiner Milo dans ses ambitions et le pousser à renoncer à sa quête. Membre du conseil d’administration du Smithsonian, Harcourt a le pouvoir de freiner ou soutenir des projets scientifiques. Il connaît Milo et son grand-père Thaddeus, les jugeant « fous » à cause de leurs théories non prouvées. Son blocage professionnel poussant Milo à démissionner déclenche la chaîne d’événements : rencontre avec Whitmore, recrutement dans l’expédition, et… découverte d’Atlantide.
Deuxième personnage animé par David Pruiksma dans le film (le premier étant Madame Placard), M. Harcourt est un petit homme austère et rigide, au style beaucoup plus figé et professionnel. Il présente un effectif soigné, une posture raide reflétant son autorité, et aucune excentricité : ni accessoires personnels ni gestes superflus, soulignant sa fonction administrative. Harcourt est animé de manière mesurée, posée et contrôlée. Il communique beaucoup par le regard sévère, une main dans le dossier et peu de mouvements intempestifs, en contraste total avec le reste du personnage. Son animation renforce l’idée du fonctionnaire rigide, ancré dans le réel et la prudence, face à l’enthousiasme de Milo. C'est le cinquième personnage d'une production Disney à recevoir la voix originale de David Ogden Stiers. Pour ce personnage, Stiers a employé une tonalité très posée, un peu pincée, avec un soupçon de sarcasme, qui sied parfaitement à un homme de sciences, rigide et sceptique.
Musique[]
Atlantide, l'empire perdu est le quatrième film d'animation de Walt Disney Feature animation après Taram et le Chaudron magique, Bernard et Bianca au pays des kangourous et Dinosaure qui n'est pas une comédie musicale ou qui ne contient aucune chanson interprétée par les protagonistes dans l'intrigue. Comme le film ne comporterait aucune chanson, les réalisateurs ont fait appel à James Newton Howard pour composer la musique, après avoir été impressionnés par son travail sur Dinosaure. Il a abordé la bande originale comme s’il s’agissait d’un film en prises de vues réelles, en créant des thèmes musicaux distincts pour les deux civilisations représentées : celle de la surface et celle d’Atlantide. Pour cette dernière, il a opté pour une sonorité orchestrale inspirée de la musique indonésienne, intégrant des carillons, des cloches et des gongs. Les réalisateurs lui ont précisé que plusieurs scènes clés du film seraient muettes, sans dialogues : la musique devrait donc porter à elle seule l’émotion de ces moments.
La production sonore du film a été confiée à Gary Rydstrom et à son équipe de Skywalker Sound. Comme pour la musique, des textures sonores différentes ont été conçues pour les deux cultures. Pour les explorateurs, il a utilisé des sons mécaniques et industriels évoquant le début du XXe siècle, tandis que les Atlantes devaient avoir une ambiance plus « organique », avec des sons produits à partir de céramique ou de poterie. Un défi particulier s’est présenté avec le bruit des véhicules volants en forme de poissons : un jour, alors qu’il enregistrait en bord d’autoroute, un poids lourd est passé à vive allure. En accélérant l’enregistrement sur son ordinateur, Rydstrom a trouvé que le résultat sonnait étonnamment naturel — il l’a donc intégré au film. Il a aussi créé le tintement harmonique du Cœur de l’Atlantide en frottant le bord d’une flûte à champagne, imité les mouvements des sous-marins avec un jet dentaire et utilisé un pot de jardin en céramique pour simuler les déplacements des gardiens de pierre géants.
Sortie[]
Atlantide, l’empire perdu a été présenté en avant-première mondiale le 3 juin 2001 au cinéma El Capitan Theatre, à Hollywood. Une sortie limitée a suivi le 8 juin à New York et Los Angeles, avant une diffusion plus large à travers les États-Unis le 15 juin. Lors de cette première, un espace événementiel nommé Destination: Atlantis proposait aux visiteurs de découvrir des éléments de tournage, des jeux vidéo, des expositions sur la légende de l’Atlantide, du laser game et d'autres animations. L’Aquarium du Pacifique a même prêté plusieurs espèces de poissons pour enrichir l’exposition.
Promotion[]
Ce film a marqué l’un des premiers gros efforts de Disney en matière de marketing numérique. Il a notamment été promu via un partenariat avec Kellogg’s, qui a lancé un site internet avec des mini-jeux et une opération promotionnelle autour de céréales Atlantide, permettant de gagner un jeu vidéo en échange de codes-barres. Le film fait aussi partie des premières campagnes de Disney sur téléphones mobiles, en permettant aux utilisateurs de télécharger des jeux inspirés de l’univers du film. McDonald’s, partenaire exclusif de Disney à l’époque, a soutenu la sortie avec une campagne publicitaire complète : jouets Happy Meal, décorations en restaurant, emballages spéciaux, ainsi que des publicités à la télévision, à la radio et dans la presse dès le jour de la sortie. De son côté, Frito-Lay a proposé des entrées gratuites pour le film dans des paquets de snacks spécialement marqués.
Média à domicile[]
Le film est sorti en VHS et DVD le 29 janvier 2002. Durant son premier mois de commercialisation, il s’est classé numéro un des ventes VHS et troisième en cumulant VHS et DVD. D’ici la mi-2003, les ventes et locations des deux formats avaient généré environ 157 millions de dollars de revenus. Deux éditions DVD ont été proposées : une édition simple et une édition collector sur deux disques. L’édition simple permettait de visionner le film dans son format original en 2.39:1 ou dans une version recadrée en 1.33:1 (pan & scan). Elle contenait également des commentaires audio et vidéo de l’équipe, une visite virtuelle des modèles 3D, un mini-cours de langue atlante, une encyclopédie sur le mythe de l’Atlantide et une scène d’introduction supprimée avec des Vikings. L’édition collector, quant à elle, proposait en plus un disque entièrement consacré aux coulisses de la production. Le film n’était disponible dans cette version qu’en format cinéma d’origine, avec en option une piste audio DTS 5.1. Les deux éditions incluaient néanmoins une piste Dolby Digital 5.1 et étaient certifiées THX. Enfin, Disney a remastérisé le film en haute définition pour une sortie Blu-ray le 11 juin 2013, en coffret double avec sa suite Les Énigmes de l'Atlantide.
Accueil[]
Box-office[]
Avant même sa sortie, certains journalistes anticipaient qu’Atlantide, l’empire perdu aurait du mal à s’imposer face à des concurrents de taille comme Shrek ou Lara Croft : Tomb Raider. À propos du changement de tendance dans le secteur de l’animation — délaissant le dessin traditionnel au profit de la 3D —, le coréalisateur Kirk Wise confiait :
| « | En tant qu’animateur « classique », moi y compris, on ne peut s’empêcher de ressentir un petit pincement. Mais au fond, tout repose toujours sur l’histoire et les personnages. Un style ne remplacera pas forcément un autre — comme la photographie n’a jamais remplacé la peinture. Mais peut-être que je me voile la face. | » |
— Kirk Wise
De son côté, Jeff Jensen du magazine Entertainment Weekly faisait remarquer que les films en images de synthèse, comme Shrek, avaient davantage de chances de séduire les adolescents — un public habituellement peu attiré par l’animation traditionnelle —, et qualifiait Atlantide de pari risqué, tant sur le plan créatif que marketing. Avec un budget estimé à 100 millions USD, le film a démarré à la deuxième place du box-office nord-américain lors de son premier week-end, récoltant 20,3 millions de dollars dans 3 011 salles — juste derrière Lara Croft : Tomb Raider. La semaine suivante, il chutait à la quatrième place, dépassé par Dr. Dolittle 2 et Fast and Furious, avec 13,2 millions supplémentaires. La sortie internationale a débuté le 20 septembre, notamment en Australie, puis s’est étendue à d’autres pays. Sur l’ensemble de son exploitation en salle, qui a duré 25 semaines, Atlantide a rapporté un peu plus de 186 millions USD dans le monde, dont 84 millions aux États-Unis et au Canada. En réaction à ces résultats jugés décevants, Thomas Schumacher, alors président de Walt Disney Feature Animation, a déclaré :
| « | À l’époque, cela nous semblait être une bonne idée de s’éloigner du conte de fées traditionnel… mais on s’est clairement trompés. | » |
— Thomas Schumacher
Critiques[]
| Liste des critiques | |
|---|---|
| Journaux | Citations |
| The New York Times | « Un véritable festin visuel : Atlantide était l’un des films les plus marquants de Disney sur le plan esthétique depuis l’époque de Walt Disney lui-même. » |
| San Francisco Chronicle | « Sous la surface, Atlantide regorge d’un potentiel adulte. » |
| Entertainment Weekly | « Un produit trop formaté, une belle coquille vide manquant d’âme et d’imagination. » |
| Los Angeles Times | « Une intrigue et des personnages qu’il jugeait dépassés, au style rétro rappelant les dessins animés du samedi matin, bien que rattrapés, par un rythme effréné et des scènes d’action efficaces. » |
| Variety | « Disney s’aventure sur un terrain sans chanson, sans danse, et au final… sans plaisir. » |
| Salon | « Disney, en voulant s’adresser à un public adulte, avait complètement négligé les enfants — allant jusqu’à dire que le film était tellement sérieux qu’il en devenait ennuyeux. » |
| The Washington Post | « Un mélange bancal de modernité et de vieilles recettes : malgré les intentions de Disney de moderniser son image, le film restait prisonnier des schémas traditionnels — bien loin de l’audace de Shrek, sorti la même année. » |
| io9 | « Un joyau sous-estimé qui méritait un bien meilleur accueil : il n’avait pas reçu l’attention qu’il méritait. » |
Évaluation[]
Atlantide, l’empire perdu a reçu un accueil critique mitigé, de nombreux journalistes pointant du doigt les faiblesses de son scénario. Sur Rotten Tomatoes, le film n’obtient que 48 % d’avis positifs sur un total de 145 critiques professionnelles, avec une note moyenne de 5,5/10. Le consensus du site résume ainsi : « Un spectacle rythmé et visuellement attrayant, mais qui fait l’impasse sur le développement des personnages et la cohérence de l’intrigue. » De son côté, Metacritic attribue au film une note moyenne pondérée de 52/100, indiquant des retours globalement « moyens ». En revanche, le public sondé par CinemaScore a attribué au film la note « A » (sur une échelle allant de A+ à F), signalant une réception beaucoup plus favorable du côté des spectateurs. Malgré ces critiques partagées, plusieurs journalistes ont salué les qualités visuelles du film, son ton plus adulte et son orientation aventure. Roger Ebert lui a attribué 3,5 étoiles sur 4, louant le style graphique « lumineux et clair » et l’énergie inspirée des comics, qu’il a attribuée au travail de Mike Mignola. Il a également souligné la force du récit et de la scène de combat finale, qu’il a qualifiée de l’une des meilleures séquences d’action jamais vues dans un film d’animation. Le critique James Berardinelli a lui aussi été séduit, attribuant au film 3 étoiles sur 4 et écrivant que le film offrait 90 minutes de divertissement solide, ajoutant que Disney semblait bien plus à l’aise dans l’animation que dans ses films en prises de vues réelles.
Héritage[]
Projets annulés et suite dérivée[]
Le film Atlantide, l’empire perdu devait initialement servir de tremplin à une série animée intitulée Team Atlantis, centrée sur de nouvelles aventures de Milo et de son équipe. Le ton aurait été proche d’un X-Files version steampunk animée, avec même un épisode croisé prévu avec la série Gargoyles. Toutefois, face aux résultats décevants du film au box-office, le projet de série a été abandonné. Malgré cela, le 20 mai 2003, Disney a sorti Les Énigmes de l'Atlantide en vidéo. Ce long-métrage réunissait trois épisodes qui avaient été développés pour la série annulée.
Projets abandonnés dans les parcs Disney[]
Disneyland avait également envisagé de redonner vie à son attraction Submarine Voyage en la rethématisant autour de L’Empire perdu, intégrant des éléments inspirés du film. Ce projet a finalement été abandonné, et l’attraction a rouvert en 2007 sous le nom Finding Nemo Submarine Voyage, adaptée du film Le Monde de Nemo (2003), un bien plus grand succès critique et commercial. Parallèlement, à Walt Disney World (Floride), après la fermeture en 1994 de l’attraction 20,000 Leagues Under the Sea: Submarine Voyage (l’équivalent de Submarine Voyage), Disney a exploré plusieurs idées pour la remplacer. L’une des plus avancées imaginait une montagne volcanique inspirée du lieu fictif de Vulcania, présent dans 20 000 Lieues sous les mers. Avec le développement d’Atlantide, ce projet a été repensé autour du film, avec une nouvelle attraction censée se dérouler en 1916, soit deux ans après les événements du long-métrage. L’expérience aurait emmené les visiteurs dans une expédition initiée par le millionnaire Preston Whitmore, déterminé à révéler au monde l’existence d’Atlantide. Mais, suite à des incidents techniques, les véhicules d’exploration devaient se retrouver détournés à travers des galeries volcaniques remplies de lave. L’attraction aurait utilisé un système de transport hybride inédit : débutant comme un grand huit classiques, les wagons se seraient accrochés à un rail suspendu pour « voler » à travers les cavernes volcaniques. Elle aurait été accessible par un nouveau sentier creusé entre Pirates of the Caribbean et une version détournée de Jungle Cruise, menant à un camp de base Whitmore Enterprises à la lisière du chemin de fer du parc. La montagne elle-même aurait été construite hors des limites initiales du parc. Mais là encore, comme pour la rethématisation de Submarine Voyage, l’échec commercial d’Atlantide a conduit à l’abandon définitif du projet.
Références[]
Liens externes[]
- Atlantide l'empire perdu — IMDb
- Atlantide l'empire perdu — Wikipédia
- Atlantide l'empire perdu — Chronique Disney


















